XERFI CANAL
ÉCONOMIE
STRATÉGIE & MANAGEMENT
XERFI BUSINESS

L'Etat obèse : les vrais gisements d'économies

Olivier-Passet-OPA-L-Etat-obese-les-vrais-gisements-d-economies
3745291Olivier Passet
06/12/201704:56

La France a un état corpulent. C’est un constat. Il pèse lourd dans le PIB. Mais est-ce du muscle ou de la graisse ? A l’heure de la cure d’amaigrissement, il est important de bien identifier les vraies zones d’inefficacité de la sphère publique.


Le surpoids de la France, manifeste lorsque l’on compare les dépenses françaises à celles de la zone euro ou des États-Unis, est d’abord une question de périmètre, liée au fait que nos modes de gestion et nos circuits de financements sont publics. Ce n’est pas gage d’inefficacité a priori.


Prenons les choses par grandes masses et par grandes fonctions. La comptabilité nationale nous permet de comparer les moyens financiers mobilisés par les différents États.


Administration centrale : peut mieux faire, mais 


D’abord dans la fonction d’administration, au niveau central et local - disons la bureaucratie au sens pur -, la France figure plutôt en haut de l’échelle. Mais loin de l’enfer kafkaïen si souvent décrié et proche de la moyenne européenne. Car les pays d’Europe du Nord (Danemark, Suède, Finlande, notamment) aiment l’administration à visage humain. Ils mettent notamment le paquet sur les services publics de l’emploi. Et ceux du Sud nous surpassent nettement en termes de suradministration. Il y a là, c’est probable, des marges de progrès. Et c’est clairement un domaine où le numérique peut aider à l’effort de rationalisation.


Sur les fonctions régaliennes d’ordre, de sécurité, de justice ou de défense, rien à signaler. Si ce n’est que nous appartenons au club fermé des pays ayant une dissuasion nucléaire et des moyens de projection. C’est un choix stratégique.


Education, santé : avant tout une question d'organisation et d'allocation


Prenons maintenant les deux grandes fonctions stratégiques poids-lourds que sont l’éducation et la santé. Clairement, nous surplombons ici la moyenne européenne. Mais nos choix de modes de gestion jouent ici un rôle décisif. Nos choix institutionnels allègent-ils globalement la facture ? Ce n’est pas probant. La santé coute globalement assez cher en France, rapportée au PIB. C’est moins vrai pour l’éducation. Et ce que montrent aussi les chiffres, c’est que les moyens humains mobilisés dans ces grandes fonctions, quels que soient leur mode de financement, ne sont pas particulièrement élevés en France, c’est un euphémisme. L’emploi dans la santé et dans l’éducation confirme ce que nous disent les statistiques de nombre de médecins hospitaliers par habitant ou de nombre de profs par classe. Les effectifs ne sont pas pléthoriques et ces professions sont plutôt sous tension, et parfois en sous-effectif.


L’efficacité dans ce domaine, ce n’est pas de couper les moyens, de rationner l’emploi, mais de mieux le répartir, mieux le former, mieux l’organiser. Et si ces fonctions coutent cher, c’est aussi qu’elles sont ankylosées par une couche d’administration et de bureaucratie, de métiers périphériques de soutien, restauration, etc. Bref, il n’y a pas d’économies à faire dans ces deux grands domaines stratégiques. Ce qui ne dispense pas d’améliorer l’organisation et l’allocation des moyens.


Transferts sociaux et aux entreprises : la vraie source d'économies


En fin de compte, ce sont bien sur les postes de transfert que l’Etat a le plus à gagner en termes d’efficacité. Mais la tâche doit être menée avec discernement. Dans la fonction affaires économiques notamment, qui comprend les charges d’intérêt, les subventions et le crédit d’impôt. La transformation du CICE (comptabilisé en dépense fiscale) en baisse de charges va déjà réduire mécaniquement de un point l’écart avec les autres pays. Mais il est clair que nos niches et subventions sont bien la contrepartie d’une fiscalité inefficace, dont on répare les excès à coup de subventions et aides diverses.


Il y aussi la question du soutien et de l’aide au logement, qui fait débat depuis longtemps, et est suspecté de favoriser la hausse des prix…


Reste enfin le principal, la protection sociale : de loin le plus gros poste en fonction du PIB (24,6%). Qualifier ces dépenses d’inefficaces est une question de dogme. Ce qui est certain en revanche, c’est que la France a fait le choix de l’assurance et de la sécurité. Et qu’à l’heure de la flexisécurité revendiquée, ce n’est pas là que se situe le principal gisement d’économies. 

 

Olivier Passet, L'Etat obèse : les vrais gisements d'économies, une vidéo Xerfi Canal Economie.


Mots clés : Politique économique, Dépenses publiques, Etat , Comptabilité nationale

Imprimer

Ceux qui ont aimé ont aussi apprécié

Les dernières émissions d'Olivier Passet

Les dernières émissions

Toutes les dernières émissions Xerfi Canal Économie
Xerfi Canal autres chaînes

Abonnez-vous à la newsletter

Xerfi Canal

OK

Les nouvelles émissions Xerfi Canal

Toutes les dernières émissions Xerfi Canal

Les incontournables

Twitter

Mots-clés

x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal
Déjà utilisateur
Identifiant/email :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
 
x
Veuillez saisir l'adresse e-mail utilisée pour créer votre compte XerfiCanal.
Email :
S'identifier
Merci.
Votre vidéo est transférée dans votre vidéothèque


Retour
Mon Xerfi Canal

LES INTERVENANTS

Olivier Passet L'économie française face au dialogue social de sourds
Philippe Gattet Comprendre les business models du numérique : VISOR
Christophe Ramaux Réhabiliter l'Etat social, les dépenses publiques et l'impôt
Laurent Faibis Face aux déficits, pour un choc entrepreneurial
Julien Pillot Les 3 pièges mortels des alliances et partenariats

LES EMISSIONS

Allons-nous vraiment payer pour les Grecs ? Olivier Passet
La gestion de patrimoine à l'ère du digital Damien Festor
Ecoles d’ingénieurs : crise de financement et préservation de l'excellence Christian Lerminiaux
Banque, Assurance et objets connectés : priorité à la personnalisation Yvon Moysan
La lutte des taxes Jean-Michel Quatrepoint

LIVRES / RAPPORTS / ETUDES

Social calling: Et si, comme eux, vous aviez un déclic pour agir ?
Le marché du e-sport
Sauver les médias : Capitalisme, financement participatif et démocratie
Les résidences de tourisme et les villages de vacances
L'Ère numérique, un nouvel âge de l'humanité: 5 mutations qui vont bouleverser notre vie