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Trump, ça marche ! Mais jusqu'à quand ?

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3746287Alexandre Mirlicourtois
12/09/201804:20

Et si Donald Trump avait économiquement raison contre les experts ? La preuve par 4.

 
À 4,2% au deuxième trimestre, la croissance américaine est à un pic depuis 2014. Mieux, elle s’appuie sur une contribution parfaitement équilibrée de tous les composants de la demande (de la consommation des ménages aux exportations, en passant par les investissements et la dépense publique). Le PIB américain devrait ainsi atteindre une croissance proche de 3% cette année selon nos prévisions. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi le dynamisme du marché du travail, dont la traduction est un taux de chômage au plancher, bloqué en dessous de 4%. Il faut remonter au début des années 2000 pour trouver une telle séquence. Les États-Unis étaient alors en pleine euphorie portés par la bulle internet. Côte bourse c’est aussi l’embellie : le S&P 500, indice basé sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux Etats-Unis, est à son pic historique et a gagné près de 30% depuis l’investiture de Donal Trump en janvier 2017. Enfin, c’est aussi l’euphorie du côté du marché immobilier avec des prix en hausse sur une base annuelle de 6%. Les effets de la grande récession sont effacés et les prix surplombent désormais leur ancien record de juillet 2006 de plus de 3%.

 

Pas de surchauffe à court terme

 
Finalement l’économie version Trump ça marche. Surtout, les Cassandres qui avaient prédit l’apocalypse en sont pour leurs frais. Mais les discours changent, désormais beaucoup pointent les risques à plus long terme avec au bout du chemin la récession et plus dure sera la chute. Avant de trancher, il faut revenir sur la feuille de route suivi par Donald Trump. Contre l’avis de tous les experts, le nouveau président appuie de façon déterminée sur l’accélérateur budgétaire : baisse des impôts des entreprises, des ménages les plus riches, hausses des dépenses publiques militaires et en infrastructures. En toute logique, le risque est double, c’est celui de la surchauffe de l’économie et du dérapage des déficits jumeaux c’est-à-dire des déficits budgétaire et extérieur. Côté surchauffe, la cote d’alerte est loin d’être atteinte : l’inflation sous-jacente est en hausse mais à 2,3% elle reste à un niveau proche de la cible fixée par la Fed, sans dérive excessive. Côté, salaire la hausse est bien installée mais là aussi bloquée en dessous de 3%, elle reste très loin des sommets atteints avant la grande récession. Bref, les tensions restent limitées. Et pour cause, il reste un réservoir de main d’œuvre disponible. Le taux de participation de la main d’œuvre est passé de 67% environ à 62 entre le début de la crise et 2015 et n’a que très partiellement remontée la pente. Bien entendu il existe un halo d’emploi mal comptabilisé autours du travail collaboratif, mais il semble bien néanmoins qu’il reste des marges de manœuvre avant de voir flambée les salaires aux Etats-Unis. On est loin d’une surchauffe.

 

Les États-Unis se financent facilement

 
Côté déficits en revanche, les faits semblent acter : côté commerce extérieur, la balance commerciale est sur une pente glissante et se rapproche très vite de son déficit record. Idem, du côté du déficit public qui dépassera en moyenne 4% du PIB cette année. À moyen terme, ces deux dérapages non-contrôlés devraient conduire en bonne logique économique à une forte hausse des taux, une baisse des bourses et des marchés immobiliers avec en bout de course un ralentissement de l’ensemble de l’économie voire une récession. CQFD.

 
Sauf que cela ne se passe pas comme çà avec les Etats-Unis, véritable pompe aspirante de l’épargne mondiale. Et il existe bien un excès d’épargne dans le monde que ce soit celui de la zone euro, du Japon, de la Chine, ou d’autres émergents et comme la planète entière continue de faire confiance au dollar (monnaie de réserve mondiale) et aux bons du trésor américain, les Etats-Unis se financent facilement à des taux restant faibles et sans dépréciation de leur monnaie. Et comme si cela ne suffisait pas, les désordres en Turquie, en Argentine, au Brésil font fuir les capitaux qui viennent s’investir aux Etats-Unis. Les Etats-Unis tomberont bien un jour à nouveau en récession mais ce n’est pas pour 2019 ni même en 2020 date de la prochaine élection présidentielle.


Mots clés : Economie mondiale, Croissance, Etats-Unis, Trump, S&P, Déficits jumeaux

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